par Jean-Baptiste Dotari

Depuis son rôle dans La Prière de Cédric Kahn, Anthony Bajon est le nouveau bijou du cinéma français. Nommé dans la catégorie du meilleur espoir masculin aux Césars 2019, il est en ce moment à l’affiche d’Au nom de la Terre aux côtés de Guillaume Canet, énorme succès de la rentrée par Edouard Bergeron, il est également Charlie dans Tu mérites un amour, premier film de Hafsia Herzi sorti début septembre. Rencontre avec l’étoile montante du grand écran.

Thomas a changé la vie d’Anthony. Il faut dire qu’Anthony est un garçon banal au premier abord. Il n’est ni le quarterback d’une équipe de football américain, ni l’intello à lunette caché au fond de la cour, ni le Don Juan de la cantine, ni… Non. Anthony est Anthony. Il se fondrait presque dans la foule. Mais Thomas a pris la main d’Anthony en 2018, l’a emmené à Berlin et lui a donné un Ours d’argent du meilleur acteur pour son rôle de Thomas, justement, dans le film La Prière de Cédric Kahn. Depuis Anthony ne se fond plus dans la foule, il est la foule. Anthony Bajon n’a de cesse de gravir les montagnes du cinéma dont on connait les pentes raides et rocailleuses, à l’aide d’un corps entrainé comme une machine. Anthony Bajon a eu raison du cinéma. Il ne lui a pas laisser le choix. Il l’a menotté et lui a fait passer un interrogatoire musclé pour connaître ses failles et ses vertus. Mais Anthony Bajon ne s’arrêtera pas là, il n’est plus un garçon, d’ailleurs, il est un homme et ses ailes ont poussées, elles l’aideront à aller encore plus haut que ces montagnes graveleuses, peut-être derrière la caméra, son rêve de gosse, où Anthony Bajon nous racontera ses propres histoires.

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Comment ça va en ce moment avec la sortie du film ?
A.B. Très bien parce que le film fonctionne très bien.

470 000 entrées c’est bien ça ?
A.B. Oui, la première semaine. Ensuite je pense que ça va baisser un peu parce qu’il y a de la concurrence cette semaine. Mais on s’est installé confortablement et ça c’est super ! Le film a en plus une dimension politique donc c’est super qu’on en parle comme ça.

Vous vous attendiez à ce succès dès la première semaine ?
A.B. Moi je ne m’y attendais pas. Mais pour ma défense, personne ne s’y attendait. Le premier jour on a fait pas mal d’entrées, on a fait le record du distributeur, Diaphana, et tout le monde était comme des oufs ! C’était incroyable ! Donc non, je ne l’ai pas vu venir, mais à ma décharge, personne ne l’a vu venir.

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Vous avez aimé tourner ce film ? Qu’est-ce qui vous a marqué ?
A.B. Oui j’ai beaucoup aimé le tourner. J’ai beaucoup appris, ne serait-ce sur la condition des agriculteurs parce que moi-même j’ignorais totalement leur condition et la manière dont ils vivent. Il y a un agriculteur sur trois qui vit avec moins de 350 euros par mois. Il y a très peu d’agriculteurs qui partent en vacances, il y a un agriculteur qui se suicide tous les jours… Quand on a tourné le film, c’était un tous les deux jours, donc ça a encore augmenté.

Avant de faire ce film tu ne t’étais jamais vraiment posé la ques- tion de cette condition justement ?
A.B. Moi j’étais beaucoup à la campagne quand j’étais petit parce que ma grand-mère vivait à la campagne. J’étais beaucoup sur des tracteurs, dans des fermes, au contact des agriculteurs… Mais c’est vrai que je n’avais jamais vraiment pris connaissance de leur situation. Puis forcément j’étais tout petit, donc je voyais ça avec des yeux d’enfant. Mais j’avais un rapport à l’agriculture en effet, mais plus lointain.

On parle d’Au nom de la terre car c’est un énorme succès, mais il y a aussi le film d’Hafsia Herzi, Tu mérites un amour, qui vient de sortir et dans lequel tu joues. C’est un rôle qui te ressemble plus ? A comment tu es dans la vie …
A.B. Oui. C’est peut-être le rôle qui me ressemble le plus d’ailleurs. Je ne sais pas. J’ai beaucoup de similitude avec ce personnage de Charlie, dans la personnalité et le caractère. C’est un personnage qu’on a créé avec Hafsia. Quand elle l’a écrit il n’était pas du tout comme ça. Hafsia s’est renseigné sur ses acteurs, comment ils sont, et moi je lui ai parlé de mon rapport à l’amour, aux sentiments, à la sexualité… Et c’est à partir de ça qu’on a construit ce personnage qui est différent des autres. Il est à l’image de notre génération. J’avoue que des fois, dans ma conception des sentiments et de l’amour, je me sens un peu seul. J’ai l’impression qu’il n’y a plus beaucoup de romantiques aujourd’hui. Avec les sexfriends, les plans cul, les plans d’un soir… Je sais que pour moi, c’est rédhibitoire ce genre de choses, ce n’est vraiment pas quelque chose qui me tente, qui m’attire. C’est ça qu’on a voulu montrer avec le personnage de Charlie. Hafsia, elle va avoir beaucoup d’hommes, mais quand elle va tomber sur Charlie, à aucun moment, il ne va vouloir une relation charnelle avec elle mais plus quelque chose de platonique.

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Comment vous vous sentez dans votre génération justement ? Un peu à part ?
A.B. Je me sens inclus parce que je suis quand même connecté à ce qui se passe et en accord avec certaines choses de ma génération. Je suis un jeune homme d’aujourd’hui, tout ce qu’il y a de plus normal. Alors oui, je me sens un peu différent, un peu exclus, mais c’est depuis tout petit. J’ai toujours eu le sentiment d’être un peu un enfant à part. En cours je prenais des notes sur ce qu’il se passe, sur le monde… des bêtises. Mais je me suis toujours senti en observation sur ce monde.

A part Rodin et Nos années folles, qui sont deux films dans lesquels tu as tourné, tu joues souvent dans des films qui se passent dans le présent et la réalité d’aujourd’hui.
A.B. Oui mais c’est aussi par rapport aux rôles qu’on m’offre. J’ai aussi fait un court métrage qui s’appelle Azurite qui se passe au XVIIème siècle et j’ai adoré. C’est une autre manière de s’habiller, de se coiffer, de parler… Mais c’est par rapport aux rôles qu’on me donne, oui.

Il y a des époques dans lesquelles vous aimeriez jouer ?
A.B. L’époque du romantisme justement. Pas le romantisme au sens où on l’entend, mais plus une époque où les gens étaient très malheureux, très tristes, très en dépression justement. Je pense qu’à un moment donné, ça m’intéressera de traiter ces sujets-là.

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Et des personnages que tu rêverais de jouer ?
A.B. Euh… Il y en a quelques-uns… J’adorerais interpréter Tintin au cinéma ! Un rôle d’aventurier !

Vous commencez à avoir une certaine réputation, celle de quelqu’un de très sensible, qui a très peu confiance en lui, un énorme travailleur … Comment vous sentez-vous dans ce milieu du cinéma avec les équipes quand, au final, c’est vous qui êtes dans la lumière justement ?
A.B. Tout se mélange et c’est un cercle. Je suis un gros bosseur aussi parce que je n’ai pas confiance en moi. J’ai vraiment envie de faire ce métier mais quand je vois les films dans lesquels je joue, je me dis « Ce n’est pas possible, ma voix n’est pas bonne, mon jeu n’est pas juste…». Quand je me vois au cinéma je me dis que je cours à la catastrophe, que personne ne voudra me prendre.
Il y a une anecdote que je raconte rarement. Quand j’ai vu le film La prière en avant-première, c’était une projection pour l’équipe, et au bout de vingt minutes je suis sorti en pleurant et j’ai été faire une grosse crise de larmes dans les toilettes parce que je me voyais et que je me disais que j’avais détruit ma carrière, que j’étais complètement nul … Et une semaine après, on allait à Berlin et je recevais le prix d’interprétation. Et je trouverais ça malsain, égoïste et déplacé d’en tirer toutes les récoltes pour moi tout seul. Un film c’est beaucoup d’argent, donc le minimum c’est de bosser pour rendre la confiance qu’on te donne en tant que comédien. Quand un comédien reçoit un prix d’interprétation, évidemment que sur le papier c’est un prix individuel, mais c’est avant tout un prix pour le film ! Pour récompenser tout ceux qui ont pris les lumières, le son, l’image, la régie … tout ceux qui ont bossé et œuvré au bon fonctionnement du film. Ce n’est pas uniquement moi.

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Vous dites souvent que vous voulez faire ce métier parce que vous ne savez faire que ça. Vous n’avez pas cette peur que ce soit éphémère du coup ? C’est le risque…
A.B. Oui et non. Oui j’en ai peur parce que si ça ne marche pas, je fais quoi ? Comme vous le disiez, je ne sais faire que ça et je ne vis que pour ça. Et non, je ne suis pas inquiet parce que j’ai l’impression que depuis tout petit je suis né pour ça, je suis né pour raconter des histoires, pour faire du cinéma. C’est la seule chose qui compte pour moi dans la vie, c’est la seule ambition professionnelle que j’ai, c’est mon rêve de gosse. Et je ne suis pas inquiet aussi parce que je suis prêt à bosser plus que n’importe qui pour faire ce métier. Je sais que j’arriverai à rebondir, que j’aurai aussi des moments creux, des traversées du désert. J’écris des films aussi, j’aimerais réaliser. A moyen terme, j’aimerais avoir la double casquette acteur/réalisateur et ça aussi c’est un rêve depuis tout petit. Je me dis que le jour où on fera moins appel à moi en tant que comédien, j’en profiterai pour réaliser mes propres films. J’ai un long métrage de prévu, trois courts métrages qui sont écrits. Il n’y a plus qu’à les faire financer. J’ai quand même des choses derrière moi qui font que je n’ai pas la prétention de penser que tout va rouler facilement.

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En tant que réalisateur vous aimeriez vous mettre en scène vous-même ?
A.B. Pas dans un premier temps parce que je trouverais ça très prétentieux d’être devant et derrière. Ça ferait très « moi et moi ». Mais surtout, je pense que ce ne serait pas très intéressant et malin de me mettre en scène moi-même parce que derrière il faut aller checker en fin de prise, réajuster avec les comédiens, les techniciens, puis se remettre en scène… C’est trop tôt. Ça arrivera peut-être un jour mais pas pour le moment.

En ce moment vous tournez beaucoup ?
A.B. Il y a deux films que je n’ai pas encore le droit d’annoncer parce qu’ils ne sont pas encore finis. Et il y en a un que je tourne avec Leïla Bekhti et Karim Leklou qui s’appelle La troisième guerre, un film de Giovanni Aloi. C’est sur les militaires à Paris, en mission sentinelle.

Je me rappelle d’une interview de vous, pendant la promotion du film La prière, vous disiez ne pas vouloir accepter de tournage en pleine promotion. Cette semaine deux films sortent dans lesquels vous jouez, vous commencez déjà d’autres tournages… C’est maintenant une volonté de beaucoup tourner ?
A.B. Ce n’est pas une volonté mais j’ai l’impression d’avoir passé un stade depuis la dernière fois, quand je disais cela. Je ne tourne pas pour tourner, depuis La prière, la plupart des films qu’on me propose, je les refuse avec mon agent. Je deviens de plus en plus exigeant et je ne veux pas qu’on me voit dans tous les films et qu’on en ait marre de moi tout de suite. On a tous vu des comédiens décoller puis accepter tout ce qu’on leur propose, on les voit dans quatre ou cinq films, et on n’en peut plus ! Ça, ça ne m’intéresse pas donc je choisis vraiment ce que je veux faire.

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Il y a des réalisateurs ou des réalisatrices pour qui vous rêveriez de tourner ?
A.B. J’adorerais tourner pour Guillaume Canet maintenant que je le connais un petit peu. Et puis j’adore le cinéma de Maïwenn forcément.

Et des comédiens et comédiennes avec qui vous rêveriez de jouer ?
A.B. Oui. Là j’ai envie de répondre Juliette Binoche et Marion Cotillard.

Pourquoi ?
A.B. Ce sont deux très grandes actrices. Mon idée c’est aussi de faire ma formation d’acteur au contact de grands metteurs en scènes et de grands comédiens, donc là tout de suite, je pense à elles.
Depuis tout petit je tiens un carnet de note de ce qu’est un acteur pour moi, vu que je n’ai pas fait de formation, depuis que j’ai cinq ans, et à chaque fois que je tourne avec de grands metteurs en scène ou de grands comédiens, le carnet se remplit très vite parce qu’en les côtoyant et en étant à leur contact, j’apprends énormément. Pour moi c’est ça la formation. Et ma formation est loin d’être terminée.

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Vous avez fait un peu de théâtre il y a quelques années. C’est une chose que vous aimeriez reprendre ou aujourd’hui c’est uniquement le cinéma qui vous anime ?
A.B. J’aimerais faire du théâtre à long terme. Mais pour plusieurs raisons, pas tout de suite. D’abord parce que je suis un acteur instinctif et qu’au théâtre il faut énormément de techniques et d’heures de répétitions. Donc pour le moment j’aurais tendance à répondre que c’est trop tôt. Et la deuxième raison est que j’adore raconter des histoires, rentrer dans des histoires, mais j’aime aussi en sortir à un moment donné. Pour vous donner un ordre d’idée, on commence à tourner le film La troisième guerre dans dix jours justement, jusqu’à fin décembre. Après on n’en parle plus, je peux passer à autre chose. Alors qu’au théâtre, j’ai vu mon ami Rod Parradot dans une pièce qui s’appelle Le fils, c’était génial, mais pendant des mois et des mois, il y était et il ne pouvait pas tourner. Et ça, ça me bloque.

Il y a d’autres disciplines que vous aimeriez essayer ?
A.B. J’adore la musique mais je ne pense pas être un bon musicien. Je joue un petit peu de piano, mais pas beaucoup. A terme, j’aimerais apprendre le piano, la batterie et la guitare, oui.

Comment voyez-vous l’avenir dans tout ça ?
A.B. Le cinéma.

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Et vous avez un scénario idéal justement ?
A.B. Chaque fois que je reçois une proposition pour un film, je me dis que c’est le scénario idéal, que l’histoire est incroyable. Je suis très heureux des films que je fais, je les tourne toujours avec beaucoup de passion et beaucoup d’envie. Le scénario idéal pour moi ce serait peut-être l’histoire d’un boxeur. J’adorerais incarner un jeune boxeur, ou un détective privé, mais un jeune ! Ce serait super, ça donnerait une vraie couleur au personnage d’être jeune. Ou un détenu aussi, côtoyer le milieu carcéral.

J’ai lu que vous faisiez beaucoup de sport, depuis toujours, et que vous préparez vos rôles comme des combats. Il y a une raison à cela ?
A.B. Je viens d’une famille qui pratique beaucoup le sport. Alors il n’y a aucun sportif de haut niveau, mais tout le monde en a toujours fait pour l’hygiène de vie. Mes parents, pour qu’on ne fasse pas de conneries à l’école avec mon frère, nous mettaient au sport. On a fait du tennis, du judo, du football… justement pour ne pas qu’on fasse de bêtises.

Quelque chose à rajouter ?
A.B. Je vais peut-être réaliser mon premier court-métrage d’ici peu. Ce serait une nouvelle page de ma vie. J’ai vraiment envie de réaliser.

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Photographe : Yannick Leconte
Styliste : Arthur Mayadoux
Marques :
MARNI : Sweat-shirt en velours
ANTHONY PETO : Bonnet pied de poule, bob
DIESEL : Surchemise en coton imprimé, ceinture
SANDRO : Col roulé, pull, blouson aviateur en cuir
COACH 1941 : Veste en shearling à carreaux, souliers
VIVIENNE WESTWOOD : Short, pantalon en coton, pantalon de jogging à carreaux
DR MARTENS : Bottes, boots
TOMMY HILFIGER : Bonnet
SAMSOE & SAMSOE : Col roulé
BLUE MARBEL : Veste beige à empiècements verts, sweat en velours
ISABEL MARANT : Pantalon sarouel cargo en toile
ARCHE : Paire de baskets
COMME DES GARCONS SHIRT : Chemise en coton imprimé comics
MAISON BOINET : Ceinture
FREDERIQUE CONSTANT : Montre, montre automatique Slimline
LACOSTE : Col roulé, surchemise en laine et cachemire
ARTHUR AVELLANO : Veste de costume en laine tartan, pantalon en laine tartan
PRADA : Pull en mohair, chemise imprimé « thunder », pantalon en laine, ceinture double en cuir et chaussures en spazzolato
PROJECT’O : Montre
LANVIN : Pantalon en denim écru, pull en satin de soie
MERCI : Chaussettes
LEVI’S : T-shirt en coton
SACAI : Veste-bomber
EDITIONS MR : Pantalon
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