Alber sans « t » c’est déjà troublant, un peu comme si très tôt la vie avait compris qu’il ne serait pas comme le commun des mortels. Force est de constater qu’elle avait raison. Génie créateur, bienfaiteur des femmes, il a fait la mode avec toupet, intelligence et humilité. Aujourd’hui, la planète mode entière pleure sa bouille, son nœud pap’ et son talent immense. Alber Elbaz n’est plus. Avant le clap de fin, un dernier hommage. 

Une épopée fantastique

Né un 12 juin 1961 à Casablanca, Alber grandit en Israël. Enfant, c’est un esprit bouillonnant de créativité. Il avait d’ailleurs deux cartables, l’un contenait ses livres et cahiers, l’autre était gonflé de papier multicolore sur lequel il raffolait dessiner des robes. 

Après avoir étudié la mode au Shenkar College de Tel-Aviv, il fait ses débuts à New-York aux côtés de Geoffrey Beene, avant de reprendre au pied levé la direction artistique de Guy Laroche en 1996. Repéré par Pierre Bergé qui le place à la tête du prêt-à-porter Yves Saint Laurent Rive Gauche en novembre 1998, le succès n’est plus très loin. 

En 2001, année charnière, il est nommé directeur artistique de la Maison Lanvin à laquelle il redonnera toutes ses lettres de noblesse. Entre ses mains, l’institution fondée en 1889 par Jeanne Lanvin est au sommet de la désirabilité et lui de son avènement professionnel. Qu’on se le dise, son truc c’est LA robe, celle qui magnifie, celle qui glamourise, celle qui rend la femme presque invincible. Magicien des étoffes qu’il manie à la perfection, la robe Elbaz est sculpturale, ultra féminine, avec un soupçon de fantaisie mais toujours fonctionnelle. En 2015, après quatorze années de succès ininterrompus, Alber est remercié et sommé de quitter la direction de la Maison Lanvin.

Le conte est terminé et il a un goût amer pour celui qui n’a eu de cesse d’aimer et raconter les histoires. 

Inspirée et inspirante AZ Factory

Après plusieurs années de silence, 2019 marque un nouveau départ pour le créateur de mode. En collaboration avec le groupe Richemont, il lance son propre label, AZ Factory, né de sa vision du luxe d’aujourd’hui. 100% digitale, AZ Factory prône une mode démocratique pour tous les âges et toutes les morphologies. Entre savoir-faire couture et technologie de pointe, il imaginait des robes librement inspirées du sportswear et par ricochet, la couture de demain. 

Demain, on n’a pas d’autre choix, ce sera sans lui. À « l’amour » Alber.