La BD de la semaine : Umbrella Academy, un comics sauvé de l’oubli

Umbrella Academy, ce nom est pour la majorité des gens une série Netflix, avec déjà deux saisons. Pourtant, l’œuvre sériephile est une adaptation d’un Comics paru en 2009, le second tome en 2010. Ensuite, une longue pause avant l’édition du troisième tome en 2019, sûrement dans l’espoir de surfer sur le succès de la série. En effet, le comics Umbrella Academy a bien connu un succès d’estime, mais n’a pas cartonné niveau ventes. Chose incompréhensible a posteriori et je vous dis pourquoi maintenant.

Scénario, un pitch vu mille fois et pourtant j’accroche

Des orphelins aux talents particuliers, adoptés par un excentrique et qui en font des super héros, voici un pitch déjà vu et revu. Pourtant, Umbrella Academy arrive à en tirer une substantielle moelle, originale et surtout humaine. Nos sept enfants sont tous nés le même jour à la même heure, de mères n’ayant aucun des symptômes de la grossesse, mais vraiment aucun.

Un milliardaire les adopte et les entraîne avec pour mission de sauver le monde. Toutefois, comme dans toutes les familles, les inimitiés, les jalousies font des ravages et la famille se disperse. Elle se retrouve pour l’enterrement du patriarche et c’est ce moment que choisit Numéro 5 pour revenir. Il avait disparu dans les limbes du temps et réapparaît dans son corps de gamin, presque inchangé depuis sa disparition. Pourtant, il est le plus vieux de tous et surtout annonce la fin du monde.

Le trait et le rythme, le meilleur côtoie le plus brouillon

Le scénariste semble avoir un peu de mal à conserver un rythme constant. Dans le premier tome, ce sont des longueurs qui en seront la cause, et le fait que l’humour incisif manque de présence à certains moments. Dans le tome 2, nous avons une série de voyages temporels parfois difficiles à suivre et manquant de cohérence. Il faut y revenir à plusieurs fois avant d’en comprendre les implications. Comme si nous avions ici des auteurs un peu trop pressés.

Quant au Tome 3, nous avons plus de cohérence et de contrôle dans la trame scénaristique. À chaque fois, l’Academy est face à un risque de fin du monde. À chaque fois, ils vont agir de façon très désordonnée au gré de leurs névroses et inimitiés de membre d’une superfamille recomposée.

Au-delà de l’histoire, Umbrella Academy la convergence des médias

Chaque tome est l’occasion de nouvelles aventures et surtout d’une nouvelle critique de nos sociétés dans le temps et toujours une résonance très actuelle. Le Comics n’a pas connu le succès mérité lors de sa sortie et les créateurs comptent sur l’excellent accueil de la série Netflix pour avancer. Au point que les prochains comics en prendront des inspirations. Car cette dernière prend des libertés avec l’œuvre originale et pour être honnête cela est parfois mieux que le comics. La série a plus de structure et une trame narrative mieux maîtrisée. J’attends donc la suite avec impatience !

Avis 4/5

Difficile de juger une série au premier tome mais je suis optimiste. L’univers semble cohérent, les personnages attachants et le mix de magie et de technologie fait mouche.

Edition Delcourt, 27,99 euros, www.edition-delcourt.fr

Source : Nomade Urbain