Au commencement, c’était quasiment une chaussette, de la peau que Les Algonquines, au fin fond de la forêt canadienne, rabattaient sur le pied et cousaient à une pièce en forme de U. C’est ainsi que le mocassin est né. Déjà identitaire, la chausse s’ornait de différentes décorations selon les appartenances tribales. 

5000 ans plus tard, Etats-Unis, années 20. On le retrouve chez Georges Bass, un chausseur du Maine qui reprend la simplicité de la forme et la rend plus solide avec un bon cuir, une semelle de qualité et une élégante languette. Succès immédiat, les étudiants s’approprient le modèle et le personnalisent en glissant un penny sous le plastron qui fixe la languette. Le penny loafer est né et devient l’accessoire emblème du style Ivy League qui marque le cool des années 30 américaines. 

En Europe, il faut attendre l’après-guerre, pour qu’à Limoges, le chausseur Weston démocratise ce design venu du nouveau monde en proposant une ligne plus élégante et plus confortable que les derbys et les richelieus alors de rigueur. Dès lors, c’est l’envolée pour le soulier : tous les designers s’en emparent et le déclinent au fil des décennies tantôt à bout carré, tantôt effilé, coloré, monochrome, à pompons… 

Devenu la touche chic incontournable de la garde-robe masculine, le mocassin inspire toujours. A l’instar d’In Corio – jeune marque française qui propose le classique dans une version hyper actuelle à la fois effilée et semellée de bleu.

Dans un style plus fantaisiste et toujours français, Louboutin offre à ses semelles rouges des ornements maximalistes et toujours élégants que ce soit avec un coup de pied contrastant blanc et rouge ou brodé d’un blason doré.

Comment le porter ? Avec un jean droit retroussé, avec ou sans chaussettes selon la saison, pour une élégance décontractée.