Vous connaissez Ekaterina Sotnikova, à travers l’Ekso Watches Gallery et ses chefs d’œuvres horlogers : De Bethune, Peter Speake Marine, Maitres tu temps chapter 2, etc que nous avons pu vous faire découvrir dans notre cahier horloger. Mais qui est cette femme qui a su pousser les murs existants et s’imposer dans cet univers masculin ?
Ekaterina Sotnikova crée l’Ekso Watches Gallery en août 2012 véritable hommage à l’Art de la Haute Couture Horlogère. Elle y présente les créations des plus grands artistes horlogers actuels tels que Kari Voutilainen, Ballouard, Grönefeld, Vianney Halter, Bovet, etc. souvent des pièces uniques conjuguant créativité, innovation, passion et savoir-faire artisanal, parfait reflet de la personnalité de leur créateur. La galerie est un lieu d’émotion conjuguant habilement son respect pour la Haute Horlogerie et sa vision du temps, une montre molle de Dali est présente nous amenant à réfléchir sur l’homme et son rapport au temps. Quand on rencontre Ekaterina et qu’on l’écoute pour la première fois, elle nous emporte dans cet univers-passion pour l’Art horloger, par son enthousiasme contagieux, et ses connaissances horlogères sur les différents chefs d’œuvre qu’elle a choisi d’exposer. Elle est capable de ressentir la passion de chacun des horlogers qu’elle expose dans sa galerie, et par conséquent peut l’inspirer à chaque personne venant découvrir leurs créations. Elle a ouvert sa galerie à la suite d’un parcours exceptionnel.

Ekaterina Sotnikova. 30 avril 2014. Paris © Julio Piatti

Elle est née en Lettonie avant de devenir championne olympique en 1988. A la suite d’une grave blessure l’obligeant à interrompre sa carrière internationale, elle s’orienta vers des études d’économie où elle décrocha un Master. N’ayant pas d’équivalence de diplôme entre la France et la Russie, elle se lança pleinement dans sa passion. Elle a débuté son initiation horlogère avec une Chopard Happy Sport, puis telle une « watch addict » allait accumuler les pièces pour en atteindre une trentaine de grands noms horlogers : Cartier, Jaeger Lecoultre, Rolex, Lange & Sohn, Patek Philippe, etc. Mais elle arriva au constat suivant : « Mes amies avaient les mêmes montres que moi, celles des publicités. Alors je me suis demandé, qu’est-ce que je peux faire maintenant ? J’ai découvert qu’une montre, ça vit, ça demande de l’attention. C’est un objet presque vivant. Quand je me suis intéressée au côté technique, c’est devenu beaucoup plus large dans mon esprit. J’ai découvert les grandes manufactures. Et ensuite je suis passée à un autre stade, celui où il faut rencontrer le créateur ». Elle le fit en s’inscrivant à une formation à la Fondation de la Haute Horlogerie de Genève, durant laquelle elle ne put remonter un mouvement complexe. A ce moment sa décision fut prise : elle ne sera pas l’un de ces artisans de l’art horloger, elle les fera connaître à travers le monde, les représentera. Pour cela, elle a créé la première galerie d’art horlogère en France. Telle une aventurière des temps modernes, elle partit à la recherche des pièces les plus rares et les plus insolites. Au fil de ses voyages, de ses découvertes, de ses rencontres, de ses échanges, elle finit par découvrir et sélectionner une poignée d’artistes-concepteurs horlogers hors normes : Vianney Halter, Ludovic Ballouard, tim et Bart Grönefeld, Kari Voutilainen, etc.

Pour reprendre ses mots, qu’ils soient « d’origine française, suisse, néerlandaise, allemande, finlandais ou anglaise, tous sont des créateurs de talent qui conjuguent à la fois la tradition et l’innovation dans leurs manufactures artisanales pour réaliser des garde-temps uniques d’une grande complexité, à même d’offrir sous leurs cadrans du rêve et du plaisir. Des artistes qui, à l’image des sculpteurs, des musiciens ou des peintres, pensent déjà à leur prochaine œuvre ». Pour Ekaterina, « ces créateurs sont des humanistes car les chefs- d’œuvre ne naissent jamais par hasard ». « Ils sont le fruit d’un savoir transmis au cours d’un long apprentissage, d’une maîtrise technique acquise à force de patience, mais ils sont aussi le fruit d’une vision. Toutes les étonnantes créations que vous allez découvrir dans
ma galerie en témoignent : elles ne relèvent pas que d’une simple expertise. Elles révèlent des personnalités de talent qui prêtent une oreille poétique à l’Histoire et à leur époque. Leur sens aigu de la précision leur permet d’en saisir les plus infimes rouages ».

Ekaterina est une femme de conviction qui défend les lettres de noblesse de la Haute-Horlogerie traditionnelle. Celle réalisée par des artistes – artisans de talent – pour qui le temps n’a pas d’importance dans la réalisation de leurs pièces et qui ne s’inscrivent pas dans un plan marketing. Le rapport au temps, l’homme et l’art horloger sont dans la lignée des pères fondateurs de l’horlogerie. Ekaterina est la médiatrice engagée et active de l’art horloger, attirant l’attention sur ces artistes, en s’engageant à promouvoir l’œuvre de ses protégés. Elle offre à l’admiration du public leurs créations qu’il ne connaît pas ou peu afin de leur frayer une voie dans l’histoire horlogère et qu’ils laissent leurs empreintes sur le temps.