François Alu, classe 1989, est parmi les plus talentueux danseurs évoluant sur la scène à Paris. Devenu Premier danseur à l’âge de 24 ans, il est l’une des étoiles montantes à suivre de près. Son énergie séduit non seulement le public mais aussi les chorégraphes. Benjamin Millepied, nouveau Directeur de l’Opéra de Paris, lui a offert le rôle de Briaxys dans le ballet Daphnis et Chloé en 2014.

Costume en soie Versace, chemise Lanvin

François Alu maîtrise une formidable technique, sa présence scénique et sa qualité de mouvement sont des dons rares et remarquables. Ses pirouettes, tout particulièrement, ont attiré l’attention de grands professionnels. François débute la danse très jeune grâce à sa mère, et il avoue aujourd’hui qu’au départ son enthousiasme n’était pas franchement au rendez-vous. C’est la découverte du danseur étoile Patrick Dupond et ses pirouettes qui lui donne l’envie de lui ressembler et qui le rapprochera de la danse. « C’est grâce à elle (ma mère) et à ma grand-mère que je fais de la danse aujourd’hui. Elles m’ont fait découvrir une vidéo de Patrick Dupond. Le jour où je l’ai vue, la danse est devenue ma passion. »

Pull-over Dior homme, short en tissu technique Sandro

En 2004, François Alu entame sa formation à l’exigeante Ecole de danse de l’Opéra de Paris.
Il intègre le corps de ballet en 2010 et il est promu Coryphée en 2011 en dansant les rôles de L’idole dorée dans la Bayadere de Noureev et du chef des mendiants dans l’Histoire de Manon de Kenneth MacMillan.
Depuis le jeune homme a fait du chemin, promu sujet en 2013, son rôle dans Basilio du Don Quichotte de Noureev lui fait obtenir le prix Carpeaux et Arop.
Grâce à son talent et sa ferme volonté, en 2013, à l’issue du concours annuel de promotion du Ballet de l’Opéra national de Paris, Francois Alu accède au statut envié de premier danseur grâce à une interprétation de la variation du fantôme dans le Fantôme de l’Opéra de Roland Petit… parmi 74 candidats danseurs du ballet de l’Opéra qui avaient concouru pour être promus dans la classe supérieure.

Une ascension fulgurante. c’est ainsi que l’on pourrait décrire le parcours de Francois Alu. Danseur, chorégraphe, et directeur, François est appelé à devenir une des personnalités fortes dans l’univers très exigeant et compétitif de la danse. L’année dernière, il a fait l’objet d’un reportage sur France 2 « La Danse à tout prix »et d’un film documentaire « Son rêve à lui » diffusé par France 3 en 2014. Homme de style d’une élégance reconnue, François Alu est le sujet d’une série mode dans ce numéro d’Apollo Magazine et a répondu à nos questions.

Pantalon en coton et débardeur en soie et coton, le tout Salvatore Ferragamo

Quel rôle votre mère, professeur de danse, a-t- elle joué dans votre vocation ?
F.A. Clairement, sans ma mère, jamais je ne me serais dirigé vers la danse, parce que là d’où je viens, ça n’est pas forcément l’activité la plus répandue pour les garçons. C’est grâce à elle et à ma grand-mère que je fais de la danse aujourd’hui. Elles m’ont fait découvrir une vidéo de Patrick Dupond. Le jour où je l’ai vue, la danse est devenue ma passion.

Quel a été le moment clé pour réussir dans ce métier ?
F.A. Un des moments les plus difficiles a été la séparation avec ma famille à l’âge de 9 ans. Ce qui est très dur également – tout comme dans beaucoup de métiers quand on veut vraiment réussir – c’est d’être constamment discipliné et rigoureux. Répéter les mêmes mouvements tous les jours, prendre soin de son corps et le gérer n’est pas évident. Il y a des fois où il faut savoir danser avec la douleur et parfois, savoir dire stop. La personne la mieux placée pour savoir si vous devez aller sur scène, c’est vous, personne d’autre n’est dans votre corps et ne peut décider à votre place. Je suis souvent surpris aujourd’hui que certains ex-danseurs n’aient pas pris conscience de cela.

Les caractéristiques physiques sont-elles fondamentales dans cette vocation ?
F.A. Je pense qu’effectivement il y a des critères physiques requis pour être danseur, du moins danseur classique. Après, cela ne veut pas dire qu’il n’y ait qu’un seul type de physique pour pouvoir réussir. En revanche, une personne qui souhaite devenir danseur classique professionnel et qui n’a aucun sens artistique (sens du mouvement, de la musique, de l’art en général) ni aucune qualité physique (tonicité, souplesse) n’aura aucune chance. Pour devenir danseur professionnel, quel que soit le type de danse, il faut avant tout être passionné. Ensuite, avec quelques «dons» artistiques et beaucoup d’entrainement, on pourra y arriver. Mais il n’y a pas de formule magique, malheureusement. En ce qui concerne la nomination d’étoile, je ne pense pas qu’il faille un don inouï. La nomination se produit simplement si la direction artistique le décide, Vous n’avez absolument pas de contrôle dessus. Une direction nommera un certain danseur qu’une autre direction n’aurait pas nommé. Parfois, un danseur n’est pas nommé dans une compagnie, mais est engagé directement en tant qu’étoile dans une autre.

Pantalon jogging en tissu technique Iceberg

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui se lance dans la danse ?
F.A. Si quelqu’un veut en faire son métier à tout prix, je lui dirais : « Sois certain d’aimer la danse plus que tout le reste. »

Beaucoup de scandales concernent actuellement l’univers féminin par rapport aux régimes et à la nutrition. Existe-t-il les mêmes problèmes dans l’univers masculin ? Suivez-vous un régime ?
F.A. Je pense que l’image de la danseuse dans les médias ne correspond pas forcément à la réalité aujourd’hui. Il existe des problèmes de comportements anorexiques et peut-être plus que dans certains domaines, mais toutes les danseuses n’ont pas forcément de trouble alimentaire. Il est vrai nous devons être vigilants et que nous ne pouvons pas nous présenter en scène avec un physique disgracieux. En fonction du métabolisme de chacun, cela demande des efforts plus ou moins grands.

Vous avez dansé avec de grandes stars de la danse. Y a-t il une ballerine en particulier avec qui vous souhaiteriez danser ? Quelles sont les caractéristiques qu’une ballerine doit avoir pour être une partenaire idéale ?
F.A. J’aimerais beaucoup danser avec mon amie, Léonore Baulac, à l’Opéra. Cela fait maintenant cinq ans que je suis dans la compagnie et je n’ai jamais eu cette chance. J’espère que la direction actuelle nous accordera cela. J’apprécie chez une partenaire la clarté dans les intentions de ses mouvements, et un échange dans l’émotion qui passe en scène. Il m’est arrivé de danser avec une partenaire qui passait son temps à regarder le public. Je peux vous dire que c’était très désagréable de ne ressentir aucune complicité.

Robe de chambre et short en soie à rayures, le tout Dries Van Noten

Après avoir été élu premier danseur, quels sont vos nouveaux objectifs?
F.A. J’ai envie de continuer à travailler pour améliorer ma qualité de danse, bien sûr dans la technique, mais surtout dans le style, dans les nuances, les textures, les détails, dans les phrasés. Je souhaite aussi tout faire pour me présenter en scène dans les meilleures conditions : améliorer encore ma préparation physique et mentale, optimiser mon planning de répétitions, travailler avec les meilleurs coaches et maitres de ballet. Tout ceci dans le but que chacun de mes spectacles soit le meilleur possible.

Quels sont vos inspirations ? Personnes ? Autres danseurs ? Lieux ? Passions qui vous inspirent ?
F.A. J’adore les danseurs du NDT (NDLR : Nederlands Dans Theater). Ils ont un sens du phrasé musical et une qualité de mouvement exceptionnels. Un de mes cousins, Nicolas Sannier, est danseur hip-hop contemporain, je trouve son travail très inspirant par sa gestuelle. J’admire beaucoup Samuel Murez, le chorégraphe qui dirige le groupe 3e étage. Il crée des spectacles originaux qui s’appuient sur la tradition qu’il enrichit de sa créativité et son talent, mais aussi de ceux des différents danseurs qui composent le groupe. J’adore le rappeur Eminem pour sa rage de vaincre et ses paroles brillantes. La mentalité d’Usain Bolt. Et je terminerai par un des plus grands artistes de l’histoire, Charlie Chaplin. Un homme qui réalisait ses films, les produisait, qui jouait, qui créait la chorégraphie, composait sa musique, écrivait ses scénarios, et qui avait le sens des affaires.

Quelle est la valeur la plus importante que vous avez appris ?
F.A. Je pense que c’est une valeur que mes parents m’ont inculquée : l’honnêteté. Je n’apprécie vraiment pas les gens sans intégrité, ceux qui vous disent oui par devant en personne, pour vous faire dire non par quelqu’un d’autre par derrière. J’aime les gens sincères et francs.

Veste en daim manches courtes Bottega Veneta, pantalon en coton Burberry Prorsum

Votre devise dans la vie ?
F.A. Je n’ai pas de devise en particulier. En revanche, je ne suis pas celui qui abandonne dans la bataille.

La chose indispensable dans le garde-robe d’un danseur ?
F.A. La gaine!!!!! (rires)

Vos projets pour le futur?
F.A. J’espère interpréter le plus possible de rôles intéressants à l’Opéra. Je continuerai à me produire régulièrement dans les spectacles du groupe 3e étage, je danse notamment le rôle principal dans la création du danseur étoile Josua Hoffalt «Tchaikovski : récits du royaume des Songes» les 13 et 14 juin à Rueil-Malmaison. Je présenterai aussi la saison prochaine une nouvelle édition du spectacle que j’ai créé cette année dans ma ville de Bourges, c’est un projet qui compte beaucoup pour moi.

Costume en coton et soie Paul Smith

FRANCOIS ALU EN 10 DATES

1993 : Naissance à Bourges

1999 : Entrée à L’école de danse dirigée par sa mère

2004 : Entrée à L’école de danse de l’Opéra de Paris

2010 : Entrée dans le corps de ballet de l’Opéra de Paris

2010 : Prix de l’Arop de Jeune Espoir du ballet

2011 : Promu Coryphée dans les rôles de L’idole dorée dans La Bayadere de Noureev et du Chef des mendiants dans L’histoire de Manon de kenneth MacMillan

2012 : Promu Sujet. Il fait une prise de rôle remarquée dans Basilio du Don Quichotte de Noureev

2012 : Prix de L’Arop et prix Carpeaux, prix danza e danza

2013 : Promu Premier Danseur de l’Opéra de Paris

2014 : Lors de la tournée au Japon, il interprète à nouveau le rôle de Basilio.

Photographe : Philip Neufeldt
Styliste : Marco Manni
Marques :
Versace : costume en soie 
Lanvin : chemise 
Dior homme : pull-over 
Sandro : short en tissu technique
Salvatore Ferragamo : pantalon en coton et débardeur en soie et coton
Iceberg : pantalon jogging en tissu technique 
Dries Van Noten : robe de chambre et short en soie à rayures
Bottega Veneta : veste en daim manches courtes 
Burberry Prorsum : pantalon en coton
Paul Smith : costume en coton et soie