Rencontre avec Philippe Benacin. Diplômé de l’Ecole Supérieure des Sciences Economiques et Commerciales (ESSEC), il crée en 1982 avec Jean Madar, issu de la même promotion, la société Interparfums SA qui se spécialise dans un premier temps dans la conception et distribution d’eaux de toilette grand public.

Le début des années 90 marque un tournant stratégique puisque Philippe et Jean décident d’orienter l’activité de la société vers la parfumerie sélective, avec la signature d’un premier accord de licence avec la marque anglaise Burberry. L’introduction en bourse en 1995 offre à Interparfums les moyens financiers et humains de déployer sa politique de signatures de marques qui se matérialise au cours des années suivantes par de nombreux accords de licences signés avec les marques les plus prestigieuses: S.T. Dupont, Paul Smith, Lanvin, Van Cleef & Arpels, Jimmy Choo, Montblanc, Boucheron, Balmain, Repetto et Karl Lagerfeld. La société a réalisé en 2013, 350 Millions d’euros de chiffre d’affaires dont 90 % à l’international. Depuis sa création Interparfums et son management ont reçu de très nombreuses distinctions, dont le Prix de l’Audace Créatrice remis en 2011 à Philippe Bénacin par le Premier Ministre, François Fillon.

Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots l’activité de la société interparfums ?
P.B. La société Interparfums s’attache à créer, produire et diffuser des produits de parfumerie sous licences. Ces licences sont conclues en partenariat avec des marques de mode ou d’accessoires de luxe. L’ensemble de l’activité est géré en interne. Actuellement, notre activité se déroule à 90% à l’étranger, 10% étant consacré au marché domestique. Nous travaillons avec une dizaine de marques.

Quelle est la part du parfum masculin dans votre activité ?
P.B. Environ un tiers. Les marques Montblanc, S.T. Dupont et Karl Lagerfeld sont les marques qui, à mon sens, misent le plus sur un développement de leurs jus masculins.

Quel est à votre avis le déclencheur d’achat pour les parfums masculins ?
P. B. L’achat d’un produit de luxe est toujours un achat plaisir. L’acheteur doit toujours se sentir en adéquation avec l’univers de la marque. Mais la qualité et l’originalité du jus demeurent les critères de choix principaux pour les consommateurs masculins.

Existe-t-il actuellement une tendance majeure pour les jus masculins ?
P. B. Pas particulièrement. Bien que les très frais sont toujours très appréciés des consommateurs, il est important de constater qu’aujourd’hui, toutes les directions sont explorées, car les hommes contemporains sont beaucoup plus ouverts à des senteurs plus originales, plus inattendues. Les marques peuvent prendre davantage de risques.

Que pensez-vous de la récente tendance des jus de niche, ultra sélectifs ?
P.B. Ce sera une tendance forte des prochaines années. Les marques réfléchissent beaucoup à ces développements. Par exemple, Van Cleef & Arpels, a créé sept jus d’exception avec une définition plus sélective. Deux de ces jus seront unisexes. Ils sont distribués dans un nombre restreint de points de vente, afin de conserver un caractère d’exclusivité à ce type d’offre.

Quels sont vos prochains lancements à destination du public masculin ?
P.B. Nous prévoyons de lancer bientôt Jimmy Choo pour Homme et Eclat d’Arpège pour Homme.