La BD de la semaine The Old Guard Tome 1, l’immortalité militante !

Un groupe d’immortels se bat pour la bonne cause. À lire le pitch, je crains un scénario à l’eau de rose et trop empli de bons sentiments. Après avoir terminé la lecture de cette BD, comment ai-je pu être si loin de la vérité ? Loin des classiques poncifs, The Old Guard m’a bousculé dans le bon sens.

Scénario, The Old Guard plonge ses racines au cœur de l’histoire de l’humanité !

Andy et ses compagnons sont des chiens de guerre, des mercenaires qui se vendent au plus offrant. Avec toutefois, une sensibilité qui leur fait plutôt accepter des missions humanitaires ou positives, que juste renverser un gouvernement. Leur particularité à tous ? Ils sont tous des experts dans l’art de la guerre, le fruit de leur expérience.

En effet, ils bénéficient de l’immortalité et plusieurs centaines d’années de pratique aident à forger leur technique. Ils sont dirigés par la plus ancienne d’entre eux, Andromache de Scythie. Envoyés sur une mission de sauvetage, tout part en sucette et plus grave, leur don est dévoilé. Commence une course entre magnats de l’industrie pharmaceutique, sur fond d’arrivée d’une nouvelle compagne de combat immortelle.

Le trait et le rythme, contemplation et action

Être née dans l’antiquité ne rend pas très réceptif aux nouvelles technologies. Or il s’agit du plus grand danger de notre groupe. Si pendant longtemps, il a été aisé de camoufler cet état, l’ère moderne rend cela pratiquement impossible.

Le scénario signé Greg Rucka alterne moments de contemplation et d’action. En effet, être immortel a tendance à nous laisser de nombreux souvenirs, dont certains qu’ils ressassent même s’ils savent qu’il ne faudrait pas. Juste ce qu’il faut d’humour sans en faire une BD comique, il y a un bel équilibre entre émotionnel, naturel et esprit belliciste. Le dessin de Leandro Fernández est pensé pour être efficace, coller à des scènes d’action très dynamiques. Mais, même dans ces situations et encore plus sur plan fixe, l’absence de décor, d’arrière-plan manque cruellement.

Au-delà de la BD

Greg Rucka se définit comme auteur militant, pourtant j’ai été presque étonné d’avoir une galerie de personnages aussi équilibrée, humaine, surtout pour nos héros immortels. Notre héroïne n’est pas féministe, elle est ce qu’elle est, une femme immortelle capable de tuer de mille façons différentes sans y penser. Chef d’un groupe tout aussi redoutable, mais posé sur une base égalitaire, adulte et non maternelle. Une vision éloignée des caricatures que certains Comics nous donnent par paresse intellectuelle. Toutefois, l’intrigue en elle-même reste légère et manque d’ambition.

Avis 4/5

J’ai passé un bon moment, touché par les protagonistes, leurs questionnements et une histoire qui sait prendre aux tripes. Ce tome 1 est une bonne surprise, mais il faudra plus de consistance pour que la suite de la série reste captivante.

The Old Guard, Glénat Comics, 16,95 euros

Source : Nomade Urbain