interview réalisée par Richard Voinnet

Will I Am, fondateur du groupe au succès inter-planétaire « Black Eyes Peas », poursuit une carrière solo fulgurante en déclinant musique, image, design et recherche technologique. Artiste touche-à-tout de génie, globe-trotter aux connections majeures dans les plus grandes capitales du globe, visionnaire et omnipotent, il est à l’avant-garde de la marche du monde. Il répond à nos questions pour la rubrique « Cinq Sens ».

Comment le succès a-t-il transformé votre vie ?
W.I. Le succès a changé ma vie et celle de mes proches, aussi bien mes amis que ma famille. J’ai été élevé dans le ghetto, mais j’ai mis du temps à comprendre que nous étions réellement pauvres. Quand tu évolues dans un seul et unique environnement, que tu n’as pas accès à la culture et au monde qui t’entoure, tant que tu n’as pas fait l’effort d’aller explorer de l’autre côté de la barrière, tu te fais à l’idée que ta vie, c’est la misère, et que c’est normal. Jusqu’au jour où ma mère a souhaité casser cette règle. Plutôt que de nous envoyer à l’école qui était proche de chez moi, elle a préféré faire des sacrifices et nous envoyer dans une école à l’autre bout de Los Angeles, à 2 heures de car. C’est en passant dans les beaux quartiers que je me suis aperçu qu’il y avait autre chose, que mon quartier était défavorisé, mais que ce n’était pas une fatalité. Libre à moi de vouloir y rester ou m’en sortir. J’aurai pu tomber dans les trafics en tous genres, comme beaucoup de mes amis ou membres de ma famille – certains y sont même restés – mais ma curiosité et la volonté de faire en sorte que ma mère ait enfin une vie plus agréable à fait le reste. Même si le succès a certainement changé une partie de ma vie, c’est avant tout l’éducation qui a été le moteur.

Quel est l’endroit dans le monde ou vous allez pour vous ressourcer ?
W.I. Dans les avions, c’est le seul endroit où je peux dormir, travailler, sans être interrompu par mon téléphone.

Quel est votre plat préféré ?
W.I. J’aime tout, surtout ce qui est sain et simple, notamment la gastronomie thaïlandaise. Je bois pas mal de soupes et j’évite les plats trop gras, je n’ai plus vingt ans, donc je peux facilement prendre du poids si je ne fais pas attention.

Quel type de musique écoutez-vous en ce moment ?
W.I. Tellement de choses, j’ai toujours été éclectique et intéressé par tout, car il y a du bon comme du mauvais dans tous les styles musicaux. Pour mon dernier album #willpower, j’ai aussi bien écouté de l’électro, que du classique, mais aussi Serge Gainsbourg, que j’aime beaucoup. J’ai même un coffret intégral à la maison.

Quel est votre look ou style favori ?
W.I. Celui que l’on se crée. J’ai toujours été pour le mixage et le mélange des influences, ethniques, urbaines, électro, casual, classic, chic. Peu importe la marque, peu importe le prix, tant qu’on ajoute sa touche personnelle et son propre style. Porter des chaussures Louboutin peut très bien aller avec des lunettes à quelques dollars achetées aux puces par exemple. Il n’y a pas de règles. J’ai essayé de créer ma propre ligne de vêtements il y a quelques années en suivant des cours de stylisme et graphisme. Ça s’est avéré frustrant pour moi car trop complexe et intense au niveau de la concentration. J’aime quand ça va vite et c’est un domaine qui demande beaucoup de temps.

Quel style de décoration avez-vous choisi pour votre intérieur ?
W.I. Au niveau de mes goûts de décoration, chez moi, c’est clairement très américain et assez différent du style épuré que l’on retrouve en Europe. J’aime bien le bois, le cuir, les couleurs chocolat et vert. Si on devait parler design, j’adore ce que fait Philippe Stark, que j’ai d’ailleurs rencontré plusieurs fois à Paris et que j’apprécie énormément. Cela a été une des rencontres phares de 2013 pour moi.

Aimez-vous conduire? Et quels sont vos modèles préférés ?
W. I. J’adore conduire… et ma voiture préférée est celle que j’ai conçue moi-même i.am.auto. Cela a pris deux ans pour la créer. C’est un mélange de rétro futuriste, une voiture qu’aurait pu conduire Superman pour la partie technologique, mais qui a les lignes d’anciens modèles afin de ne pas oublier l’histoire et susciter des interrogations chez la jeune génération.

Comment gardez-vous la forme ? pratiquez-vous un sport ?
W.I. Quand nous étions en tournée avec les Black Eyed Peas, nous avions un coach sportif avec nous car le rythme était vraiment dingue. Maintenant que je suis en solo, comme je suis seul sur scène, je me dépense deux fois plus donc j’ai ma dose de sport quand je suis en tournée ou en promo. Sinon je fais un peu de sport en salle et j’apprécie surtout les massages : c’est l’une des rares choses qui me détend et cela m’aide aussi à conserver la forme.

© Slam Photography

Sur quels projets professionnels travaillez-vous ?
W.I. J’ai lancé plusieurs programmes au cours des derniers mois, dont Ekocycle, en partenariat avec Coke, qui fait la promotion du recyclage du plastique et de tout ce qu’on peut recréer à partir de cette technologie. Et en ce moment, je suis en Australie où j’officie comme coach sur « The Voice » avec Kylie Minogue.